Il est des jours où le temps se met au diapason du jeu.
Sous la Houlette de l'expérimenté Jean-Christophe Gastou probablement l'un des meilleurs arbitres européens, la butte mythique pouvait se réjouir d'un spectacle bravé par un vent insidieux et glacé.
Seulement pour faire ce que tous attendaient il fallait plus que ce qu'ont démontrées les deux équipes en présence. A domicile, les hommes de Belhache se devaient de prendre le jeu à leur compte pour afficher une supériorité physique évidente et une technique supérieure aux visiteurs. Il n'en fut rien.
Dès l'entame les "rouge et noir" mettaient la main à la patte pour une série de "Gifflardasses" à faire palir les anciens bien aidés en celà par une équipe de Couiza qui ne s'échappa pas plus que celà. Du berger à la bergère, devant cette soupe de phallange, l'arbitre sévissait et mettaient les siennes à la poche pour extirper quelques biscottes ( une blanche envers Jean Marson et une jaune pour Eric Lebeau mettant plus de coeur à l'ouvrage dans la distribution des mandales qu'en défense ou d'un Jérome Labatut laissant derrière lui les fondamentaux de son poste pour s'affubler d'une tenue de " Derrick des plaines", rendant justice à la va que je te pose... Résultat : le MMXV joue à 13 unités face au COES surpris mais néanmoins fortement complice qui en profita pour scorer et mener de six points fort justement mérités par un trop plein de fautes des locaux ; L'excellente botte de son ouvreur faisant le reste. Piqués au vif, les gaillards de la malepère se secouaient le cocotier, et réduisaient l'écart par un essai du jeune Zona très insisif et portant l'âme de son village vers des cieux plus cléments.6 à 5 pour les visiteurs à la pause.
De retour des oranges et faisant suite à une probable gentille remontée de shorts, à 15 et recentrés sur leurs taches respectives, les hommes des plaines prenaient la rencontre enfin par le bon bout. Le tracteur de la Malepère s'ebroua dans un tonnerre d'avants bien ressaisis emmenés par un capt'ain Yannik Esquirol exemplaire dans l'abnégation. Le temps d'un changement au coeur du Caterpillard, et en avant la machine avec au marteau pilon un Cazenave perforant, Pascual au forage, Chevalier à la rabotteuse, le tout au diapason d'un Guitard électrique et très concerné entré à la place de Nicolas Suarez peu inspiré ce qui d'ailleurs n'avait pas été le cas la semaine précedente puisqu'il avait crevé l'écran.
Les visiteurs, vaillants à souhait commençèrent alors leur chemin de croix bien décidés à contenir par tous les moyens le paquet local. Usés par la dégommeuse, ils ne tardèrent pas à se mettre légitimement à la faute. Pistre se chargeait par deux fois de laminer le moral visiteur. Le fumant pack montréalais collectionnait les " cocottes maison" en tentant d'avaler la dernière goutte de vélléîté des valeureux et jeunes couizanais. Les bleus arcqueboutés en défense, parvenaient tout de même en fin de rencontre à réduire la marque, profitant d'une largesse offerte par les 3/4 montréalais se mettant à la faute suite à un plongeon aussitot santionné par le referé.11 à 9. Dans le public la confiance laissait place au doute, car même si les adversaires ne semblaient pas en mesure d'inquiéter leur poulain, la victoire pouvait encore sourire aux visiteurs laissés à une portée de botte. Mais dans les derniers intants de jeu, désorganisés autant qu'assomés, le COES ne put que constater les dégats sur une chandelle de Pistre, éclairant une fin de rencontre plus en accord avec le jeu et sous laquelle le prometteur Maxime Cahusac à la réception parachevait l'intention entre les perches. Une fin de match plus conforme au projet de jeu de Phillippe Belhache. Largé exécuta la sentence 18 à 6.
La myhique butte pouvait savourer une victoire indéniablement importante sur le plan comptable mais tellement perfectible notamment dans le jeu des lignes arrières qui n'arrivent toujours par à bonifier le travail d'un pack conquérant derrière lequel les jambes de feu de certains 3/4 devraient pouvoir incendier les défenses adverses...