Organiser est une chose…y mettre tout son cœur aussi ! y venir s’amuser en est une autre !!
C’est le constat objectif d’une organisation …Bravo à ceux qui y ont cru et merci à ceux qui l’ont fait, déguisés et en harmonie avec ce genre d’exutoire qui doit contribuer à désacraliser un formalisme sociétal et comportemental !
Un contexte economico-électoral combiné avec l’asocialisation rendue par une télévision pantoufle qui engendre l’asservissement de l’esprit à la pensée médiatique unique…voilà les ingrédients primordiaux ; ajoutez y une pincée de ceux qui ne savent pas pourquoi mais qui seront prêts à précipiter des raisonnements dans la cour des miracles des associations et vous avez la potion magique qui enlève le dernier soupçon d’humanité à un système associatif dans son ensemble, totalement sclérosé. Le bénévole s’identifie aujourd’hui à Don Quichotte. Les moulins à vents des bonnes intentions écrasent de leurs meules élimées la poussière que traînent derrière eux ceux qui croient encore à une vraie vie de villageois et qui y participent. Les villages deviennent des villes et personne n’y échappe. Montréal est encore un bastion du monde associatif mais peu à peu des pans entiers s’en détachent inexorablement…C’est bien dommage ! Nul n’est besoin de chercher les coupables ni les responsables c'est bien connu.. L’exception culturelle des ruraux est à présent gangrenée irrémédiablement. Le rat des villes habite à la campagne, les greniers sont vides, la cigale deale honteusement avec la fourmie, la grenouille est anorexique et le bœuf actionnaire chez "Charal"…la tortue est motorisée, roule sans casque et regarde la mixo du lapin dans son rétro , Andersen ne « conte » plus, Corneille est un chanteur , la « Fontaine » est tarie depuis belle lurette et Zizou astigmate de chez "Grand optical".
Résistent encore malgré tout quelques braves cuivres de « Phacochères » qui claironnent leurs différences et quelques somptueux costumes de « Mainatges » qui tournent en rond . Pour le reste demandez aux présidents d’associations ?
Le mal est profond, aussi insondable que sournois…
Les politiques sont catastrophés, les sponsors ( heureusement qu'ils sont là !) devenus "vache à lait". Le monde associatif est roué de coûts. Ils pleuvent ainsi sur la dernière demeure créatrice et fédératrice d’un système où le riche embrasse le pauvre, le gros le maigre, l’idiot la tronche…
La société règle ses comptes avec l’histoire et ferme les yeux devant les favelas de la liberté culturelle et sportive…les ghettos associatifs sont pleins, exsangues. Il coule encore en eux la force de résister envers l’obscurantisme intellectuel d’une auberge espagnole de décérébrés du bulbe cathodique. Association, culturelle ou sportive...cette exception culturelle est une aubaine pour tous car c’est en elle que doivent puiser nos enfants comme ont su transmettre ceux qui aujourd’hui se retournent dans leur tombe: nos Vieux, réveillés et dérangés par le tintamarre de la pensée unique des moutons de panurge du berger de l’asservissement normalisé et standardisé d’un modèle social qui s'est redessiné pour satisfaire un clonage sans frontière. Un espace changeant ou « sans gaine » tenant le pantalon de la raison par les couilles du porte monnaie.
Certes le monde est ainsi fait …Carnaval n’a pas pu être l’exception culturelle de ceux qui le temps d’une soirée veulent se prendre pour un ou une autre…Ceux qui l’ont fait sont les derniers mohicans d’un esprit de village et de terroir. L’âme des villageois est tenue par eux et le flambeau du patriotisme de clocher n’a encore qu’un genou en terre mais jusqu’à quand ?. Il est encore temps de sauver ce qui peut l’être. Le berger panurge est peut être le roc fort d’une société souterraine aux accents économiques déguisés mais il a du souci à se faire face à l’esprit naïf d’un peuple qui croit plus toutefois en lui-même qu’aux sirènes égoïstes des profiteurs de tous ordres. Le monde associatif est le dernier rempart de la liberté d’expression de chacun.
Carnaval 2008 n’a pas été brûlé car il a éteint le bûcher de ses larmes sous le murmure d’un chant résistant : « Aux armes citoyens, formez vos commissions, qu’un sang d’âmes pures abreuvent nos associations !!! ».
La résistance culturelle du citoyen de village doit se faire par lui et avec lui. Nos enfants errent aujourd’hui dans le musée de nos convictions culturelles et sportives. Identifiés à plus grand chose, garants d’aucune transmission régionale ou territoriale, ils sont au cœur d’un mikado d’illusions perdues et d’engagements aseptisés où les gagnants ne se compteront pas dans ce monde de zombies déracinés, sans accents granuleux de terre et de fierté locale. Il manquera encore et toujours l’essentiel ; se retrouver et partager les passions…
Carnaval 2008 a vécu et s'en est allé bruler ses idées noires sur les contreforts de sa Malepère. Ce geant a trainé sa carcasse déconfite pour renaitre de ses cendres encore tièdes.
Vive Carnaval 2009 !
Par respect pour le géant et pour les internautes qui aiment ce site libre et associatif merci de ne pas voter ( plus bas).
Ce billet d'humeur est un acte personnel envers monsieur Carnaval crucifié sur l'autel de notre planète bleue...Veinard sont les astronautes à la voir ainsi...Notre géant se cachera pour une année une nouvelle fois au coeur de sa foret verte, couleur de l'espoir...